Ce 30 mai au matin, nous étions aux côtés de Pour une forêt vivante pour dénoncer la fête de la Vénerie de Fontainebleau, soutenue par le maire de Fontainebleau et le conseil d’agglomération. Non à cette célébration d’une autre époque qui prétend s’appeler une fête alors qu’elle s’achève dans le sang d’un animal épuisé ! Nous étions les seuls élus locaux sur place.
Une cruauté organisée sous les dorures
La chasse à courre ne mérite pas ses dorures. Derrière les habits rouges, les trompes et la mise en scène aristocratique, il y a des heures de traque, une bête acculée, haletante, rendue folle de terreur avant d’être mise à mort devant des spectateurs qui applaudissent. On appelle cela un art de vivre, une tradition de la ruralité. Nous appelons cela de la cruauté organisée qui ne s’adresse qu’à la grande bourgeoisie. La ruralité est en réalité un mode de vie paisible avec le vivant, pas une attraction. Pensons aux 2500 chiens qui vont souffrir par cette température caniculaire… Et rien sur l’agriculture dans cette « fête de la ruralité ».
Une insulte à une forêt qui souffre
Que cette cruauté prétende trouver sa place en forêt de Fontainebleau est une insulte supplémentaire. Cette forêt souffre. Elle porte sur ses sentiers, ses rochers, ses sous-bois fragiles le poids de millions de visiteurs chaque année. Elle est l’une des forêts les plus fréquentées d’Europe, et chaque week-end un peu davantage, elle s’érode, se piétine, se vide de son silence.
Elle appartient aux enfants qui y apprennent que la nature n’est pas un décor.
Nous reviendrons. Nous serons encore là, aussi longtemps qu’il le faudra, pour que la forêt de Fontainebleau reste ce qu’elle doit être : vivante.
