Sur le terrain · Après l’incendie

Forêt de Fontainebleau : ce que nous avons appris ce soir

Ce 18 août, le Collectif Respect Bleau réunissait grimpeurs, associations et institutions à la Mairie de Fontainebleau pour faire le point sur l’incendie et l’avenir du massif. Étaient présents Sophie David, responsable du Service Accueil et Biodiversité à l’ONF, Louis Albesa, naturaliste ANVL et LPO, ainsi qu’un représentant du service défense incendie du SDIS de Seine-et-Marne.

Nous étions présents par solidarité, et pour comprendre. La foule nombreuse témoignait de notre émotion collective et de la pluralité des vécus face au traumatisme !

Sur l’incendie lui-même

Le feu principal est parti avec certitude aux abords de l’A6 et l’enquête se poursuit pour en établir la cause exacte. Il reste actif et a déjà parcouru plus de 2000 hectares. La lutte a mobilisé jusqu’à 900 sapeurs-pompiers pendant quinze jours, dont 500 la nuit, avec quatre canadairs, deux dash et quatre hélicoptères bombardiers d’eau au plus fort. Le représentant du SDIS l’a dit sans détour, le dérèglement climatique reste la cause principale, et personne n’imaginait une telle ampleur malgré dix ans d’exercices de préparation. Il s’est dit soulagé que les Trois Pignons aient été fermés deux jours avant le départ du feu, convaincu que la configuration aurait autrement pu faire des morts.

Le diagnostic sur l’état des arbres

Le diagnostic sur l’état des arbres a été difficile à entendre pour quiconque aime le vivant. La forêt non brûlée souffre déjà énormément de la sécheresse, avec des arbres qui meurent sur pied, cassent et tombent sur les chemins. Dans la zone incendiée, l’intensité du feu a varié. Là où elle a été la plus forte, les arbres sont brûlés sur deux mètres de haut et déjà morts. Ceux dont le tronc a été touché entre cinquante centimètres et deux mètres ont environ une chance sur deux de survivre deux ans avant de mourir. Beaucoup d’arbres encore verts ont sans doute les racines anéanties et disparaîtront sous peu. Les dangers sont donc partout, sur des centaines d’hectares, et les rochers eux-mêmes explosent sous l’effet de la chaleur.

Pourquoi la forêt reste fermée

Cette réalité explique la fermeture. Les équipes ont déjà éteint plusieurs points chauds où le sol atteint 400 degrés, mais beaucoup subsistent et le combustible continue de tomber dessus chaque jour. Avec 90 parkings et une surface immense, l’ONF juge des fermetures horaires impossibles à faire respecter, et une fermeture claire soulage aussi des pompiers qui interviennent déjà 500 fois par an en forêt. Le SDIS plaide même pour une zone tampon interdite autour de la surface brûlée et pour la fermeture de la zone située entre les deux foyers.

Ce qui va se passer maintenant

Concrètement, la zone incendiée restera fermée au moins un an, comme le veut l’usage pour toute forêt brûlée. Une discussion est prévue ce jeudi sur la réouverture progressive des secteurs épargnés par le feu. En parallèle, la surveillance se renforce, avec des caméras équipées d’intelligence artificielle et, depuis 2020, des bénévoles qui veillent sur le massif.

Nous continuerons à partager les informations au fil des décisions.

Nous aimons toutes et tous notre forêt : pensons d’abord et avant tout au vivant qu’il faut maintenant protéger.

Merci à toutes celles et ceux qui étaient présents, merci aux pompiers, aux agents de l’ONF, aux associations et merci aux grimpeurs !

Réunion du Collectif Respect Bleau à la mairie de Fontainebleau sur l'incendie du massif

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