Frédéric Valletoux tue l’agriculture et vote pour le poison

Maximilien Poulain

Maximilien Poulain

Chef de file Avon en Commun · 23 juillet 2026

Notre député a voté pour réintroduire deux pesticides interdits, faciliter les procédures pour la construction de mégabassines qui captent l’eau, et précariser nos agriculteurs.

Le 20 juillet au soir, au terme d’un débat mené de nuit et sans que le pays y ait vraiment été convié, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi dit d’urgence agricole. Parmi les votes favorables figure celui de notre député Frédéric Valletoux.

Nous le disons sans détour aux habitantes et aux habitants de la circonscription : notre député a voté pour la réintroduction dérogatoire de deux pesticides interdits en France, pour l’accaparement de l’eau au bénéfice de l’agro-industrie, pour l’affaiblissement de la protection de nos captages d’eau potable, et pour précariser plus encore les agriculteurs.


Une semaine plus tôt, la forêt de Fontainebleau brûlait. Deux mille hectares partis en fumée, un millier de personnes évacuées, l’A6 coupée, des Canadairs puisant dans la Seine à quelques kilomètres de nos maisons. Nous avons tous respiré les fumées, et pleuré notre massif.

Sept jours plus tard, notre député votait un texte qui inscrit dans la loi le doublement des volumes de stockage d’eau agricole d’ici à 2035, allège les compensations exigées en zones humides et supprime la réunion publique préalable à l’autorisation environnementale de ces ouvrages.

Une honte et une insulte pour le territoire.

Un poison réintroduit en connaissance de cause

En mai 2024, l’Autorité européenne de sécurité des aliments a divisé par cinq la dose journalière admissible de l’acétamipride, en raison d’incertitudes majeures sur ses effets pendant la formation du cerveau du fœtus et du jeune enfant. La molécule tue les pollinisateurs à doses infimes et sa solubilité la rend impossible à confiner une fois répandue, dans un département où la nappe des calcaires de Champigny alimente près d’un million de Franciliens et dépasse déjà régulièrement les seuils réglementaires.

Voilà ce que Frédéric Valletoux, ancien ministre chargé de la Santé et de la Prévention, a choisi de réintroduire.

Une loi qui ne soigne pas le mal

Le plus révoltant reste ailleurs. Ce texte prétend secourir les agriculteurs et ne touche pas un mot de ce qui les tue. Un jeune qui s’installe emprunte plusieurs centaines de milliers d’euros avant d’avoir récolté quoi que ce soit, achète ses semences à des firmes qui en interdisent le ressemis, puis vend sa production en dessous de ses coûts. La surmortalité par suicide chez les exploitants dit le reste.

La seule contrepartie financière que cette loi leur consent consiste à suspendre une taxe sur l’achat de pesticides, autrement dit un rabais sur ce qui les empoisonne, financé par l’argent destiné à dépolluer l’eau.

Merci, cher député Valletoux.

Après les incendies qui ont frappé notre belle forêt de Fontainebleau, allons-nous encore ignorer l’urgence climatique et l’état de notre biodiversité, martyrisée après l’incendie ?

Préserver la vitalité de nos campagnes, ce n’est pas choisir entre l’agriculture, la santé et l’environnement. C’est préparer dès aujourd’hui les conditions de leur survie à tous. Pourquoi faudrait-il toujours s’aligner sur les normes les moins protectrices ?

Aux prochaines élections, comptez sur nous pour vous rappeler ce vote de la honte.

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