Tribune · Défense du vivant

Animaux en forêt de Fontainebleau : pourquoi les fusils avant les secours ?

La tribune

Maximilien Poulain

Chef de file d’Avon en commun · conseiller municipal et communautaire · 10 août 2026

Deux poids, deux mesures ? Alors que la forêt de Fontainebleau demeure fermée au public, la préfecture de Seine-et-Marne a autorisé, le 6 août au Grand Parquet, un lieutenant de louveterie à abattre une biche et un daguet grièvement blessés, au nom de l’abrègement de leurs souffrances. Au même moment, les centres de soins de la faune sauvage attendent toujours le feu vert pour accéder aux zones sinistrées et secourir les animaux victimes des incendies. Le signal adressé à nos concitoyens est aussi désolant que la considération accordée à des écosystèmes déjà bouleversés par des feux ayant ravagé 10 % de notre superbe massif.

« Les organisations de protection de la faune sauvage n’ont pas été sollicitées avant d’envisager un recours à cet abattage arbitraire »

Fondation 30 Millions d’Amis

Or, à la différence de ces structures, un lieutenant de louveterie ne dispose ni des compétences ni des qualifications vétérinaires permettant de diagnostiquer l’état d’un animal blessé et d’évaluer ses chances de survie. Pudiquement présenté comme un « régulateur » de la faune, il demeure une personne privée exerçant bénévolement une fonction d’auxiliaire de l’État. Confier à un chasseur le soin de décider qui vit et qui meurt, quand des vétérinaires attendent aux portes du massif, relève d’un choix, et ce choix interroge.

Porter secours aux animaux blessés relève tout à la fois d’une exigence morale et d’une responsabilité écologique.

C’est pourquoi Avon en Commun se joint à l’appel national pour un moratoire de la chasse dans l’ensemble des territoires incendiés et invite à signer la pétition « Pas de fusils sur les cendres ». C’est pourquoi, aussi, nous demandons à la préfecture de Seine-et-Marne de lever cet arrêté et d’autoriser les interventions encadrées des organisations de secours. C’est pourquoi, enfin, nous réclamons une véritable place pour la société civile et pour la démocratie environnementale dans le plan de préservation et de réouverture du massif, assortie d’horaires aménagés et de plans de formation.

Rendez-vous. Nous nous joindrons à la manifestation organisée ce jeudi 13 août à 12h devant la préfecture de Melun par les associations Futur Asso et PAZ.

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